
Marteen
je pleurais, mais ce n’était pas moi
Certaines expériences nous obligent à revoir ce que nous croyions comprendre de la mort.


Les "M et M"
Au milieu des années 90, j’avais un ami avec qui j’étais pratiquement inséparable.
Il portait le même prénom que moi.
Tout le monde nous surnommait les « M et M ».




Les "M et M"
À cette époque, si quelqu’un cherchait l’un de nous deux, il appelait généralement chez l’autre. On finissait presque toujours par se retrouver ensemble quelque part : dans un appartement rempli de monde, sur la route ou au milieu des longues soirées qui rythmaient cette période de notre vie.
Avec le recul, je réalise aujourd’hui que derrière les excès, l’alcool et les nuits sans fin se cachait souvent quelque chose de beaucoup plus lourd.
Pour ma part, je venais de quitter les Forces armées canadiennes.
Lui, malgré son humour et son énergie, semblait porter un mal-être profond que très peu de gens comprenaient réellement.
Puis un jour, tout s’est arrêté.
Son suicide a pris tout le monde par surprise.
Et avec lui, une partie entière de notre groupe d’amis s’est lentement effondrée.
Nous avons tous pris des chemins différents.
Pendant des années, je croyais que cette histoire appartenait désormais au passé.
Je n’avais aucune idée que quelque chose allait un jour revenir me confronter à cette période de ma vie d’une façon profondément bouleversante.