
Une disparition au Mexique. Des coordonnées GPS reçues spontanément dans un restaurant. Et le début d’un dossier qui dépasse largement le simple hasard.
Cas Ménard
Signé par Martin Ladouceur
Publié le 16 mai 2026
Quelques mois auparavant, au moment exact de la disparition de Marc Ménard, mon frère m’avait contacté pour savoir si je recevais quelque chose concernant le dossier. Il connaissait bien Jonathan Ménard, le frère de Marc, et espérait simplement qu’une information puisse émerger.
Mais à ce moment-là, il ne se passait absolument rien. Aucune perception. Aucun ressenti. Aucun point d’entrée.
J’avais été clair : je ne contrôle pas ces états. Si une information se présente, je la transmets. Sinon, je ne force jamais les choses.
Puis... les semaines passent.

Le déjeuner qui a tout déclenché
Le 29 mai 2013, je suis assis dans un restaurant, en train de déjeuner seul. Un matin banal. Café chaud, bruit de fond, conversations autour de moi. Rien ne laisse présager ce qui est sur le point de se produire.
Je prends le Journal de Montréal et je commence à le feuilleter distraitement. Le journal revient alors sur le dossier Marc Ménard et la possibilité d’une relance de l’enquête entourant sa disparition au Mexique.
Je commence à lire le début de l’article.
Et sans prévenir, mon état change.
Ce n’est pas une réflexion. Ce n’est pas une décision. Ce n’est pas quelque chose que je provoque volontairement.
C’est immédiat.
Je sens un état modifié de conscience profond apparaître d’un coup, tout en restant parfaitement lucide de la réalité autour de moi. Le temps semble ralentir.
Les conversations autour de moi continuent normalement. Les gens mangent, parlent, bougent. Pourtant, intérieurement, quelque chose vient de basculer. Je regarde les autres clients du restaurant et je me souviens avoir pensé :
« Si quelqu’un me regarde attentivement en ce moment, il va voir que je n’ai pas l’air normal. »
- Martin Ladouceur
Je garde une apparence calme. Je ne veux pas attirer l’attention. Je demande simplement un crayon à la serveuse, presque machinalement, puis je prends le coin d’un napperon en papier pour commencer à noter ce qui arrive.
À ce moment-là, je ne cherche pas à comprendre. Je note uniquement.
Parce que dans ce type d’état, analyser trop rapidement peut faire disparaître l’information.
Les premiers mots arrivent de manière désorganisée :
Tijuana.
Pixa. Wixa. Pika.
Fender. Flanders.
Bordeleau.
Kaku. Kaki.
Puis, sans transition, quelque chose de complètement différent apparaît.
Des chiffres.

Les coordonnées GPS
Puis, sans transition, quelque chose change.
Les mots cessent d’apparaître. À la place, une série de chiffres entre brutalement dans ma perception :
88.56.33
Je m’arrête immédiatement.
Quelques secondes plus tard, une deuxième série apparaît :
72.15.36
À cet instant précis, je comprends que je ne suis plus simplement en train de recevoir des impressions ou des images fragmentées.
Je suis en train de noter ce qui ressemble à des coordonnées géographiques.
Je suis encore assis dans le restaurant, entouré de conversations normales, pendant que j’écris des coordonnées GPS sur un simple napperon en papier.
Mais intérieurement, je sais déjà qu’un seuil vient d’être franchi dans ce dossier.
Je fais alors vérifier les coordonnées.
La réponse revient rapidement :
Mexique.
Nuevo Passa
Puis plus précisément :
Monterrey, Nuevo León.

Quand les perceptions commencent à s’organiser
Après les coordonnées GPS,
quelque chose change
dans la manière dont les
informations arrivent.
Au départ, tout était fragmenté. Des mots. Des sons. Des impressions rapides impossibles à replacer immédiatement dans une logique claire. Mais à partir du moment où les coordonnées mènent à Monterrey, les perceptions commencent à se structurer différemment.
Je commence à voir des lieux.
Pas comme une scène parfaitement définie, mais plutôt comme des fragments cohérents qui reviennent constamment : des blocs appartements, des rues étroites, des secteurs plus urbains… puis, à l’inverse, des zones plus isolées, plus brutes, presque forestières.
Comme s’il existait un déplacement constant entre deux réalités complètement différentes.
Une partie de ce que je perçois semble liée à la ville.
L’autre à quelque chose de plus caché.
Puis des personnes apparaissent.
Je vois une famille.
Un homme.
Une femme.
Trois enfants.
Et parmi eux, un jeune garçon attire immédiatement mon attention.
Il a environ quatre à six ans.
Je ne pourrais pas expliquer pourquoi précisément, mais je sens immédiatement qu’il représente un point important dans ce que je suis en train de percevoir.
Il ne parle pas.
Mais il sait.
Et presque instantanément, une pensée très claire s’impose :


«Il ne faut pas lui faire peur... »
- Martin Ladouceur
Cette information arrive avec une force étrange. Comme si l’approche elle-même pouvait changer l’accès à ce qu’il sait ou à ce qu’il pourrait montrer.

À ce moment-là, je commence aussi à ressentir l’environnement de manière beaucoup plus physique.
Des camions.
Des structures de transport.
Des conduits industriels.
Puis une odeur extrêmement marquée.
Mazout. Huile. Pétrole.
Ce ne sont plus seulement des images mentales. Certaines perceptions deviennent presque sensorielles.
Je me souviens encore de cette impression étrange d’avoir l’odeur littéralement “dans le nez”, comme si j’étais physiquement proche de l’endroit.
Plus les informations arrivent, plus une structure commence à émerger.
Je ne suis plus simplement dans une suite de perceptions isolées.
Je commence à ressentir :
-
des déplacements
-
une organisation
-
une dynamique humaine
-
et surtout une impression très forte de contrôle
Comme si Marc n’était pas simplement perdu ou disparu au hasard.
Comme s’il était déplacé d’un endroit à un autre. À travers tout ce qui entre alors dans ma perception, un élément reste constant :
Marc est vivant.
Je le vois amaigri, fatigué, mais encore fonctionnel.
Je le vois travailler.
Pas volontairement.
Forcé.

Le moment où le dossier change complètement
Jusqu’à ce moment-là, les perceptions restent difficiles à interpréter avec certitude. Je reçois des lieux. Des déplacements. Des environnements. Des impressions humaines très fortes.
Mais malgré la cohérence qui commence à émerger, une partie de moi tente encore de garder une distance analytique avec ce qui entre.
Puis une scène apparaît avec une netteté complètement différente du reste.
Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’un lieu.
Il s’agit d’une mécanique.
Je vois un homme.
Pas un trafiquant.
Pas quelqu’un d’improvisé.
Un homme habitué. Structuré. Calme.
Et immédiatement, une impression très forte s’impose :
douane. frontière. contrôle.
Je ne vois pas une arrestation spectaculaire.
Je vois plutôt un signalement.
Comme si Marc avait été identifié à un point de passage, puis discrètement transféré dans une autre structure déjà organisée.
Plus les perceptions avancent, plus l’impression devient lourde :
ce qui s’est produit ne ressemble pas à une disparition improvisée.
Je ressens plutôt une mécanique déjà en place.
À partir de ce moment-là, tout ce que je reçois commence à prendre une autre signification.
Les déplacements constants.
Les changements d’environnement.
Les zones urbaines.
Puis les secteurs plus isolés.
Les véhicules.
Les routes.
Les structures industrielles.
Tout semble relié à une organisation beaucoup plus vaste que ce que j’imaginais au départ.
Je commence aussi à percevoir une forme de hiérarchie humaine.
Certaines personnes semblent surveiller.
D’autres déplacent.
Et au milieu de tout ça, une impression revient constamment :
Marc n’est pas libre de ses mouvements.
Ce qui me frappe le plus à ce moment-là, c’est le calme inhabituel de certaines scènes que je perçois.
Il n’y a pas de chaos.
Pas de panique.
Au contraire.
Tout semble fonctionner comme une mécanique déjà rodée.
Comme si chacun connaissait exactement son rôle.
Plus tard, lorsque certaines informations terrain commencent à être validées et que des articles mentionnent des zones liées aux cartels et aux corridors frontaliers mexicains, plusieurs éléments que j’avais notés auparavant prennent soudainement une cohérence beaucoup plus troublante.
À partir de là, le dossier cesse complètement d’être pour moi une simple expérience perceptuelle isolée. Je commence à le regarder comme une véritable lecture d’enquête structurée.
Les premiers recoupements humains


À partir de ce moment-là, je commence à transmettre certaines informations avec beaucoup de prudence.
Je ne cherche pas à convaincre, seulement à vérifier si certaines perceptions trouvent écho auprès des proches de Marc.
Je parle alors de déplacements, d’environnements précis, d’une impression constante de surveillance… et surtout d’une conviction qui revient sans cesse :
Marc est vivant.
Certaines réactions sont immédiates.
Non pas parce que les perceptions sont spectaculaires, mais parce qu’elles rejoignent parfois des impressions déjà présentes chez l’entourage proche.
Puis viennent les premiers recoupements.
Des témoignages.
Des informations terrain.
Des images provenant du Mexique.
Et lorsque certaines photographies me sont montrées pour la première fois, un malaise immédiat s’installe.
Parce qu’une partie de ce que je perçois depuis le début semble soudainement prendre une forme réelle.

À partir de là, le dossier cesse complètement d’être une simple expérience perceptuelle.
Je commence à le regarder comme une véritable lecture d’enquête structurée, où les perceptions, les témoignages et certains éléments terrain semblent progressivement se recouper.
Plus les validations s’accumulent, plus une même impression revient : quelque chose de beaucoup plus organisé se cache derrière cette disparition.
Quand les validations commencent à s’accumuler
À partir des premiers échanges, certains éléments commencent à revenir avec plus de précision.
Il ne s’agit plus seulement de transmettre ce que je perçois. Il faut maintenant observer ce qui résonne, ce qui se confirme partiellement, ce qui reste flou, et ce qui mérite d’être gardé dans le dossier.
Certains détails prennent alors une importance particulière.
La femme liée au Mexique.
Les déplacements.
Les blocs appartements.
L’enfant qui semble savoir.
Les zones urbaines, puis les lieux plus isolés.
L’impression de surveillance constante.
Rien de tout cela ne permet de conclure.
Mais tout commence à former une trame.
Et plus les informations circulent entre les perceptions, les proches et certains éléments terrain, plus le dossier prend une dimension difficile à réduire au hasard.
Les perceptions complémentaires
À mesure que le dossier avance, je décide aussi de comparer certaines informations reçues avec d’autres personnes travaillant dans le domaine des perceptions extrasensorielles. C’est dans ce contexte que j’échange avec Lise Pascal, une voyante québécoise dont le nom a été associé au fil des années à plusieurs recherches de personnes disparues au Québec.
Son travail avait notamment été évoqué dans certains médias et émissions consacrés aux enquêtes humaines et aux disparitions, à une époque où certaines familles faisaient appel, en parallèle des démarches policières, à des personnes reconnues pour leurs perceptions.
Dans le dossier de Cédrika Provencher, son nom aurait également circulé à plusieurs reprises selon différents témoignages et discussions entourant l’affaire, bien qu’il existe aujourd’hui très peu d’archives numériques complètes sur ces interventions.
Nos perceptions ne sont pas identiques.
Mais plusieurs éléments importants commencent à se recouper indépendamment :
-
certains environnements
-
des déplacements constants entre plusieurs lieux
-
la présence d’une femme liée au dossier
-
et l’impression persistante d’une structure organisée autour de Marc
Lors d’une conversation que j’ai avec elle plusieurs années plus tard, Lise Pascal me confie qu’au cours de sa carrière, les dossiers de disparitions auxquels elle avait été associée se révélaient presque toujours liés à des enlèvements ayant tourné au meurtre.
Puis elle ajoute quelque chose qui me marque immédiatement.
Selon elle, un seul dossier avait connu une issue différente.
Celui d’un jeune militaire disparu pendant plusieurs jours…
Puis retrouvé vivant.

Cet ex-militaire, c’était moi.
Ce que ce dossier
a réellement changé
Avec les années, le dossier Marc Ménard a fini par prendre une place complètement particulière dans mon parcours.
Pas seulement à cause des coordonnées GPS.
Pas seulement à cause des perceptions.
Mais à cause de l’impact humain réel que ce dossier a laissé derrière lui.
Au départ, tout ça n’était qu’un moment étrange dans un restaurant.
Quelques mots désorganisés.
Des chiffres écrits rapidement sur un napperon en papier.
Des impressions impossibles à expliquer clairement.
Puis les lieux ont commencé à apparaître.
Les déplacements.
Les structures humaines.
Les validations.
Les témoignages.
Les images provenant du Mexique.
Et progressivement, ce qui semblait au départ complètement irréel a commencé à prendre une cohérence beaucoup plus troublante.
Mais avec le recul, ce qui m’a probablement le plus marqué dans toute cette histoire,
ce n’est pas seulement ce que j’ai perçu.
C’est d’avoir pu aider la famille à mieux comprendre
ce qui était possiblement arrivé à Marc.

Au delà des perceptions extrasensorielles, un drame humain.
Un frère qui cherchait des réponses.
Une famille suspendue entre l’espoir et l’incompréhension.
Des années de questions sans véritable conclusion.
Et parfois, dans ce genre de dossier, comprendre partiellement une situation peut déjà représenter énormément.
À ce jour, Marc Ménard n’a jamais été retrouvé.
Au-delà du mystère, une famille
en quête de réponses
Les informations reçues en perceptions extrasensorielles ont bien été transmises aux autorités concernées.
Mais honnêtement, j’ai rapidement senti que ces éléments tomberaient probablement dans l’oubli.
Encore aujourd’hui, je ne prétends pas détenir toutes les réponses sur cette disparition.
Je ne prétends pas non plus pouvoir expliquer parfaitement ce qui s’est produit ce matin-là dans ce restaurant.
Mais une chose demeure certaine pour moi : ce dossier a profondément changé ma compréhension des perceptions extrasensorielles et de certaines capacités humaines encore difficiles à expliquer.
Parce qu’au-delà du mystère entourant la disparition de Marc Ménard, une autre question reste ouverte :
que se passe-t-il réellement lorsque certaines informations apparaissent spontanément…
puis finissent malgré tout par entrer en collision avec le réel ?
